Pourquoi le Football est Sacré en Algérie ? Entre passion et résistance !
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Le Football en Algérie : Une Histoire de Résistance, de la Casbah aux Stades du Monde
Si vous demandez à un Algérien ce que représente le football pour lui, il ne vous parlera pas seulement de tactique ou de buts. Il vous parlera de fierté, de dignité et d'histoire.
En Algérie, le stade n’a jamais été un simple lieu de divertissement. Durant la colonisation, c’était l’un des rares espaces où l’Algérien pouvait affronter le colonisateur d'égal à égal, et même le vaincre. Chez LaCasbah Paris, notre ADN est lié à cette histoire : celle d'un peuple qui a su utiliser tous les moyens, y compris le sport, pour affirmer son existence.

Pourquoi cet amour pour le maillot est-il si puissant, si viscéral ? Parce qu'avant d'être un jeu, le football algérien a été un acte de résistance.
L’Émergence des "Clubs Musulmans" : La Première Bataille
Bien avant la guerre armée, la lutte a commencé sur les terrains vagues d'Alger et dans les ruelles de la Casbah. Au début du XXe siècle, le sport était dominé par les clubs coloniaux (les "colons"). Mais la jeunesse algérienne avait besoin de ses propres bannières.
Le Mouloudia et l'affirmation identitaire
C’est dans ce contexte de ségrégation qu’est né le Mouloudia Club d'Alger (MCA) en 1921. Surnommé le "Doyen", ce club a été fondé par des Algériens, pour des Algériens. Le choix même de ses couleurs n'était pas anodin :
- Le Vert pour l'Islam et l'espoir.
- Le Rouge pour le sang des martyrs et le patriotisme.
Le MCA est devenu bien plus qu'un club : c'était le porte-voix du peuple "indigène". Chaque victoire contre un club de colons était célébrée comme une victoire politique dans la Casbah.

La Casbah comme bastion : L'USMA et la mobilisation
D'autres clubs, comme l'USM Alger (USMA) fondé en 1937 au cœur de la vieille médina, ont suivi. Ces clubs servaient de couverture pour réunir la jeunesse. Ils structuraient les quartiers, canalisaient la colère et forgeaient une conscience nationale. Les stades étaient les seuls endroits où les Algériens pouvaient se rassembler en masse sans être immédiatement dispersés par la police française. Le football a littéralement "entraîné" la jeunesse à la discipline et au combat collectif.
La première équipe de l'USM Alger en 1937.
L'Équipe du FLN : Le Football comme Arme Diplomatique
Si les clubs locaux ont préparé le terrain, c'est l'équipe du FLN qui a porté la résistance algérienne aux yeux du monde entier.
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L'équipe du FLN à son jubilé au stade du 5 juillet 1962 en 1974.
Nous sommes en avril 1958. La Guerre d'Algérie fait rage. À quelques mois de la Coupe du Monde en Suède, un coup de tonnerre éclate : les meilleurs joueurs algériens évoluant dans le championnat de France disparaissent.
Rachid Mekhloufi (star de Saint-Étienne), Mustapha Zitouni (Monaco) et d'autres abandonnent tout. Ils laissent derrière eux la gloire, l'argent et le confort pour rejoindre Tunis et fonder l'équipe du FLN. Leur mission ? Devenir les ambassadeurs de l'Algérie indépendante en jogging et crampons.
Cette équipe a sillonné le monde (Chine, Vietnam, Europe de l'Est, pays arabes), levant le drapeau algérien et faisant retentir l'hymne national bien avant que le pays ne soit officiellement libre sur la carte. Ils ont prouvé au monde que l'Algérie existait. Comme le disait Ferhat Abbas : "Cette équipe a fait gagner dix ans à la cause algérienne."
Aujourd'hui : Un Héritage Sacré
C’est pour toutes ces raisons que le rapport de l’Algérie au football est unique. Quand l'hymne national, Qassaman, retentit au stade du 5 Juillet ou ailleurs dans le monde, ce n'est pas une formalité. C'est un écho direct à ces sacrifices.
Le football reste le baromètre de la société algérienne. Les supporters, héritiers de cette histoire, sont connus pour être parmi les plus fervents au monde. Le "1, 2, 3 Viva l'Algérie" est le cri de ralliement d'une nation qui se souvient que sa liberté a aussi été gagnée grâce à des héros en short, qui ont préféré la patrie à la célébrité.
Le Saviez-vous ? D'où vient "One, Two, Three, viva l'Algérie" ?
Avant de clore ce chapitre, il est impossible de ne pas évoquer le cri de ralliement qui unit tous les Algériens : "One, Two, Three, Viva l'Algérie". Si l'histoire officielle retient un match à Oran dans les années 70, une autre légende, plus poignante, circule dans la mémoire collective.
Elle raconte que ce slogan ne servait pas à compter des buts, mais à réclamer la justice. Lors des manifestations pour l'indépendance, les Algériens auraient scandé en anglais à la face du monde et des caméras internationales :
"We want to be free !" (Nous voulons être libres !)
Avec la ferveur de la foule et l'accent, ce cri de liberté se serait transformé phonétiquement en "One, Two, Three". Mythe ou réalité ? Peu importe. Cette anecdote résume à elle seule l'essence du football algérien : un écho éternel d'une lutte pour la dignité.
Conclusion
Le football en Algérie n'est pas qu'un sport, c'est un patrimoine. C'est l'histoire d'une jeunesse qui a pris son destin en main, des ruelles étroites de la Casbah jusqu'aux plus grands stades internationaux.
Chez LaCasbah Paris, nous créons nos vêtements avec cette même philosophie : honorer le passé tout en regardant vers l'avenir. Porter nos pièces, c'est aussi porter un peu de cette ferveur, de cette élégance rebelle et de cette histoire glorieuse.
Vous partagez ces valeurs ? Découvrez notre collection qui rend hommage à l'héritage algérien.
